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A la recherche de modèles identitaires.

En ces temps de commémoration de l'abolition de l'esclavage, très mal avisé celui qui remettrait en cause ce devoir de mémoire.
Au-delà de ces 250 ans (1642-1848) d’iniquités, passée la frontière du souvenir, qu’offrir aux plus jeunes comme modèles ? Vers qui se tourner ? Qui sont nos Héros du quotidien ?
 
De l’ombre à la lumière
 
Bon gré malgré, les récits historiques ont laissé la place, au fil du temps, aux héros véritables. Les oubliés de l’Histoire. Car au final, les principaux acteurs de l’abolition, furent… les esclaves eux-mêmes, analyse Eric Saugera dans « Questions sur la traite et l’esclavage des Noirs ».
 
C’est ainsi que le Martiniquais Cyrille Bissette, sort de l'ombre de Victor Schoelcher. Descendant de captifs, il a été le premier, dès 1834, à réclamer l’abolition complète et immédiate.
 
Cyrille Bissette by François Le Villain
                                                                                                                                                                                                   

Pourtant, aujourd’hui encore, le déni de reconnaissance se répète. A l’instar de cette activiste Vanessa Nakate. Militante ougandaise de 23 ans. Elle a participé à une conférence de presse sur l’urgence climatique à Davos, le 24 janvier 2020. L’agence Associated Press a cependant décidé d’effacer son visage d’une photo de groupe prise, aux côtés de la célèbre Greta Thunberg.      vanessa nakate2vanessa nakate1

 A-t-on retenu les leçons de l’Histoire ? Pas certain.
 
Sur le chemin d’un modèle identitaire, une image s’impose d’elle-même : Aimé Césaire. Oui bien sûr et après… Où sont les héritiers de la relève ? De Edouard Glissant, philosophe d’une vision mondialisée de la créolité, à Patrick Chamoiseau théoricien écrivain ? L’héritage d’Aimé Césaire est-il si lourd à porter en Martinique ?La croisée des sentiers semble bien escarpée pour une jeunesse dévoreuse de rythmes sur lesquels des Youssoupha, ou encore Kalash se distinguent à leur façon.
Et pour en avoir plein les yeux, de belles images de réussites flamboyantes de Kobe Bryant à Rihanna inondent la toile…. Et que dire du couple camerounais le plus glamour de Russie ? Walter et Cindy Tchassem ont apparemment fait fortune dans le streetwear et les fast-foods dans le pays de Poutine.
 
walter et cindy au restau 670                           Le Monde.fr
 
Une somme de constellations plus ou moins discrètes, qui proposent à une jeunesse qui se cherche, un el dorado à conquérir.
Finalement, des penseurs, aux artistes, sans oublier les sportifs , il existe des domaines réservés, comme des portes royales qui mettent des paillettes dans les rêves des enfants… Mais seraient-ce des références suffisantes à offrir réellement aux petites têtes afros et métissées?
 
Où sont donc les modèles identitaires ?
 
Des questions fondamentales auxquelles a voulu répondre, le champion du monde de foot-ball Lilian Thuram dans son livre «Mes étoiles noires de Lucy à Barack Obama».
Des valeurs positives ? Quelqu'un qui porterait les couleurs vers le haut ? Kylian Mbappé peut-être, footballeur, également. Aussi talentueux que charismatique. A chacun sa réponse…
 
Commémorer la mémoire, oui. Mais figer nos mémoires, non. Elles ont besoin de respirer et de se colorer à la recherche de nouveaux héros, d’un souffle nouveau.
D’aucun parle d’un moment de réconciliation certes, mais il serait temps d’agir et d’élargir les perspectives.
"Liberté, égalité, fraternité" : quelle réalité se cache-t-il derrière cette devise?
En France, sous couvert d'une liberté et d'une méritocratie ouverte à tous, se révèle souvent une résignation dans laquelle le «  c'est déjà pas si mal » sonne comme un plafond de verre limitant… C’est parfois la porte ouverte à un racisme latent du quotidien. On s‘en accommode, on vit avec.

Dans ce contexte, apparaîssent comme des nuages de traine : Les transclasses… Ils portent en eux comme un « oxymore d'émotions ». Tiraillés entre légimité face au succès, codes nouveaux à adopter rapidement, et désir certains de normalité, de se fondre dans la masse.
A ce stade, pourquoi ne pas se dire et cela reste une référence «  Yes, We can do it » comme un certain Barack Obama. Il s’agit de transcender ainsi un certain immobilisme et le maintien des privilèges pour un petit nombre.

 
Dernière modification levendredi, 22 mai 2020 01:04

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