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L'ex-otage au Niger Thierry Dol porte plainte contre Areva et l'État français

 |  par Patrick JEAN-PIERRE

L'un des otages enlevés en 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sur un site minier du Niger et relâchés il y a deux ans compte porter plainte contre l'État français et l'exploitant Areva.

Capturé en 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Thierry Dol dit espérer que ces plaintes, pour « mise en danger de la vie d'autrui » et « non-assistance à personne en danger », lui permettront d'en savoir plus sur les conditions de son enlèvement et de sa libération.

Il se demande en particulier pourquoi Areva n'a pas procédé à l'évacuation des employés présents sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit, alors même que l'entreprise avait, selon lui, connaissance d'une menace sérieuse pour leur sécurité.

« Les derniers jours, la menace était telle que j'étais persuadé qu'Areva allait nous évacuer. Au moment de notre enlèvement, des investisseurs chinois étaient présents. Leur sécurité a-t-elle primé sur la nôtre ? », dit-il au Parisien-Aujourd'hui en France. « Je veux que toute la lumière soit faite », poursuit-il.

Areva s'est refusé à tout commentaire. Thierry Dol a été libéré en octobre 2013, en même temps que trois autres compagnons de captivité, plus de 1 000 jours après son enlèvement.

« Aujourd'hui, j'ignore encore s'il y a eu rançon, si oui combien, les intermédiaires éventuels, les autres contreparties... J'ai besoin de savoir. C'est l'un des objectifs de la procédure que j'intente », ajoute Thierry Dol.

La France a toujours nié avoir versé la moindre rançon pour résoudre des prises d'otages à l'étranger. L'ex-otage dénonce par ailleurs le montant de l'indemnisation allouée après sa libération par le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI).

« Le fonds de garantie m'a proposé 26 euros par jour de détention. Les otages de Jolo, enlevés pendant trois mois en 2000, ont obtenu une décision de justice leur octroyant une somme nettement supérieure. Avons-nous moins souffert qu'eux ? », affirme-t-il.

Au total, sept personnes qui travaillaient pour Areva et une filiale de Vinci avaient été capturées en septembre 2010. Trois d'entre elles, dont une Française, avait été relâchées en février de l'année suivante.



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