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Le Christ : Comment cela se passerait-il en 2017 ?

Il serait crucifié par les hommes.

A l’heure où les catholiques du monde entier s’apprêtent  à commémorer  la résurrection du Christ, les mots "paix" et "unité" seront bientôt, comme le veut la tradition, déclinés dans toutes les langues, par le Pape François, lors de la bénédiction solennelle, Urbi et Orbi. Mais en 2017, ces messages trouvent-ils encore écho dans le monde ? 

A en croire les évènements de ces dernières années, il semble que non. La paix est bafouée et mise à mal dans de nombreux pays. Quant à l’unité, elle s’effrite aux grés de la vanité et des intérêts individuels.
Et Jésus dans tout ça ? Et s’il était présent, que se passerait-il ?

Politique ou mystique ?

Beaucoup de chrétiens et non chrétiens se poseraient cette question.
L’assomptionniste, le Père Jean-Paul Sagadou décrit Jésus comme un inconditionnel de l’amour des autres, et par cela même un libérateur de ses frères. Le comportement du Christ, et ses actes de conversion des cœurs, s’inscrivent dans le processus des rapports sociaux de son époque, le remettant en cause avec une radicalité intransigeante.  Une attitude qui traduit une densité politique évidente. Et c’est à cause de cet engagement même que, devenu intolérable aux pouvoirs en place, il est assassiné, mais que, également, son existence est "ratifiée", par Dieu.
Et si on définit de manière schématique le "mystique" comme celui qui vit l’expérience de Dieu, il est clair que Jésus est un mystique par excellence. Il était dans une communion sans faille avec Dieu son Père.

Aujourd’hui, le politique et le mystique auraient aussi ses partisans et ses détracteurs.
On imagine bien les études statistiques sur la côte de popularité de Jésus auprès des hommes et des femmes du monde entier. 5, 10, 15, 20, 60, 70% de bonnes ou mauvaises intentions. Pour ou contre ?
Les plus grands intellectuels l’analyseraient en long, en large, et en profondeur, pour tenter encore de percer son mystère. Des éditions entières, traduites dans toutes les langues sortiraient sur lui.
Martin Scorsese, Steven Spielberg, Quentin Tarantino, ou encore Woody Allen, Alexandre Sokourov, Roberto Rossellini, pour ne citer qu’eux, se bousculeraient pour sortir la plus grosse production cinématographique sur la vie du Christ.
Et que dire des médias internationaux, TF1, France 2, BFM, CNN, la BBC, Al Jazeera, La Rai, TVE. 
Jésus invité du 20h pour expliquer sa politique ou livrer la parole de Dieu son père. Jésus, en direct, face aux consultants politiques. L'homme serait offert à la vindicte populaire, expression d'une liberté morale pour certains.
Ou encore Jésus invité par le pape François lequel répète sans cesse qu’il suffit de le mettre au centre de nos choix quotidiens pour affronter les épreuves.

Et ces peuples si complexes aujourd’hui dans leurs croyances.
Il y a quelques siècles, le partitionnement idéologique et ecclésiastique était clair. Chacun vivait dans son monde avec des frontières naturelles ou administratives basées sur la géographie et les ethnies. Au 18 et 19ème siècle, avec la colonisation et la volonté des chrétiens de faire du prosélytisme, les premiers pas vers les échanges intercommunautaires ont été réalisés. Au 20ème et 21ème siècle, avec l'internationalisation des échanges et la multiplication des capacités de transports, un grand nombre de migrations familiales et/ou économiques se sont effectuées. Il n'est pas rare maintenant de voir les grandes capitales du monde comme des vitrines internationales dans lesquelles toutes les cultures et les religions sont représentées. Tant que le monde est en paix, cet inter-communautarisme est une richesse dans laquelle l'union fait la force. Aujourd’hui, les cartes veulent être redistribuées par des groupes qu’on ne qualifiera pas. La guerre des religions est belle et bien là.
La revue Science et Vie a publié un hors-série sur Dieu et la science, avec un dossier présentant les tendances chiffrées des religions du monde.
Sur 7 milliards de Terriens, plus de 6 milliards sont croyants. Mais tous ne croient pas au Christ. Ça aurait été moins complexe.
Musulmans, Juifs, Chrétiens, Protestants, Hindouistes, Bouddhistes,  Sikhs, Taoïstes, et bien d’autres ont leurs croyances. Selon la revue, le christianisme serait la religion la plus répandue dans le monde,  2,355 milliards de chrétiens. Jésus aurait donc ses alliés. Chrétiens mais pas tous croyants pour autant.

Mais comment ferait-il en France avec la laïcité ?
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En 1905, la France a déclaré qu’elle était un état laïc. Ce qui signifie qu’il garantit la liberté de culte et affirme parallèlement la liberté de conscience. Aucune opinion n’est placée au-dessus des autres (religion, athéisme, agnosticisme ou libre-pensée), construisant ainsi l’égalité républicaine.

La laïcité ne consiste pas à combattre les religions, mais à empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif, et à renvoyer parallèlement les idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience individuelle et à la liberté d'opinion. Ce principe a modifié en profondeur la société française ; la transformation est toujours à l’œuvre aujourd'hui dans l’adaptation du droit et des institutions nationales aux évolutions de la société française.

Toutefois, l'existence dans la législation et dans le débat public d'une distinction entre « laïcité » et « neutralité », de même qu'entre « liberté de conscience » et « liberté d'opinion », démontre que la religion n'est réellement perçue et traitée ni comme un phénomène strictement privé ni comme un simple courant d'opinion parmi d'autres. La notion même de laïcité, telle qu'elle est comprise dans la société française, n'est donc pas dénuée d'ambiguïté.

Comment Jésus s’en sortirait-il dans cet imbroglio ?
Est-il besoin de rappeler que c’est au nom de Dieu, que Jésus défend les petits et les laissés-pour-compte de la société. Dieu est différent des castes qui, par leur pratique socioreligieuse d’exclusion, travestissent le nom de Dieu. On comprend pourquoi, laissant ses concitoyens à leur responsabilité propre dans le choix politique, il se refuse quant à lui à être un militant politique. Il s’en sortirait de facto en se plaçant au dessus de la mêlée. Au dessus des autorités, au dessus des chefs d’états.

Jésus Sacrifié ?
Pas en France. En tout cas pas sur une croix. Politique ou mystique, les chrétiens alimenteraient encore longtemps les unes des journaux et les études des différents instituts de sondages ou autres groupe de réflexion ou laboratoire d'idées. Les français adorent les débats.
Pour le judaïsme, la croyance que Jésus est Dieu, une partie de la Trinité, le Messie ou un prophète de Dieu est incompatible avec les principes traditionnels juifs. L'idée du Messie juif est différente du Jésus chrétien, car les Juifs pensent que Jésus ne correspond pas aux prophéties messianiques énoncées dans l'Ancien Testament qui établissent les critères pour la venue du Messie3. Les textes autorisés du judaïsme rejettent Jésus en tant que Dieu, être divin, intermédiaire entre les hommes et Dieu, Messie ou saint.

Quoiqu’il en soit on ne crucifie plus sur des croix en France.

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La crucifixion appartient aujourd'hui à l'histoire un peu partout dans le monde mais existe encore dans quelques pays. L'Arabie Saoudite semble être le leader dans ce domaine et crucifie encore parfois des violeurs et d'autres grands criminels. Le royaume vient juste il y a quelques jours de crucifier un homme. Le Yémen aussi a crucifié des criminels au cours des dernières années.

Dans le Moyen-Orient moderne, les condamnés sont en général décapités et tués avant d'être publiquement exposés sur une croix ou un poteau (l'exécution avant la crucifixion publique était aussi souvent pratiquée dans le monde ancien). Des paysans russes ont crucifié des femmes considérées comme des sorcières durant la famine de 1921. Des élus américains suggèrent aussi parfois en plaisantant de réintroduire la crucifixion. Revenant ironiquement sur l'idée d'exaltation, un élu de Floride avait proposé en 1999 de crucifier un homme qui se trouvait dans le couloir de la mort et se prenait pour Jésus Christ.

Mais le sort du Christ serait sans nul doute scellé par les dix groupes de la terreur les plus riches de la planète. Daesh, Talibans, Hamas, Farc, Hesbollah, Al Qaida,  Boko haram pour ne citer qu’eux.
L’Église catholique sait qu’elle figure parmi les cibles des djihadistes.
Pourquoi les terroristes de Daech et autres djihadistes s’en prennent-ils notamment aux chrétiens ?
« Pour plusieurs raisons », avance Le Professeur Emmanuel Pisani, dominicain et directeur de l’Institut de science et théologie des religions à l’Institut catholique de Paris, et d’abord « l’assimilation entre Occident et christianisme : le chrétien symbolise en quelque sorte la civilisation occidentale ».
Les extrémistes musulmans considèrent les Chrétiens à la fois comme des « croisés » et des « mécréants ».

Dans tous les cas, la vie de Jésus ne serait pas plus apaisée aujourd’hui.  Et s’il revenait, il serait sans nul doute difficile de le reconnaître. "Prenez garde que personne ne vous séduise, car plusieurs viendront sous mon nom, disant: Je suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens. »



 

Dernière modification lemardi, 02 juin 2020 14:05

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