Les frappes préventives, souvent confondues avec les frappes préemptives, représentent une stratégie militaire où un État attaque un adversaire potentiel pour neutraliser une menace perçue comme imminente ou future, avant qu'elle ne se matérialise. Dans le contexte des relations tendues entre les États-Unis et l'Iran, cette notion a pris une dimension concrète, illustrée par des actions militaires récentes. Alors que les tensions autour du programme nucléaire iranien et des activités régionales de Téhéran persistent depuis des décennies, les événements du 28 février 2026 marquent un tournant majeur avec le lancement de l'opération "Epic Fury" par les États-Unis et Israël.
Les frappes préventives se distinguent des frappes préemptives par leur temporalité : les premières visent à empêcher une menace à long terme, tandis que les secondes répondent à un danger immédiat et inévitable. Selon le droit international, notamment la Charte des Nations Unies (article 51), les actions militaires en légitime défense sont autorisées uniquement en cas d'attaque armée en cours ou imminente. Cependant, les États-Unis ont souvent invoqué une doctrine plus large, inspirée de la "guerre préventive" théorisée sous l'administration Bush en 2002, pour justifier des interventions contre des États perçus comme des "États voyous" développant des armes de destruction massive. Dans le cas de l'Iran, les frappes préventives s'articulent autour de la crainte d'un programme nucléaire militarisé. Washington argue que Téhéran représente une menace existentielle pour ses alliés, notamment Israël, et pour la stabilité régionale.
Cette approche soulève des débats éthiques et légaux : est-ce une défense proactive légitime ou une agression injustifiée ? Les critiques, y compris de l'ONU et de pays comme la France, dénoncent ces actions comme des violations du droit international, potentiellement déstabilisatrices.
Les relations entre les États-Unis et l'Iran sont marquées par une hostilité profonde depuis la Révolution islamique de 1979. L'embargo économique américain, les sanctions sur le programme nucléaire iranien, et l'assassinat du général Qasem Soleimani en 2020 par un drone américain sous l'administration Trump ont exacerbé les tensions. En 2018, les États-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire (JCPOA), accusant l'Iran d'enrichir de l'uranium à des niveaux militaires. Plus récemment, en juin 2025, les États-Unis ont directement intervenu dans un conflit israélo-iranien en frappant trois sites nucléaires iraniens (Fordow, Ispahan et Natanz), retardant le programme nucléaire de plusieurs mois selon des estimations de l'AIEA.
Ces frappes, qualifiées de préventives, visaient à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire. Téhéran a riposté par des missiles sur des bases américaines au Qatar, mais un cessez-le-feu a été annoncé peu après. Ces événements ont posé les bases pour une escalade, avec un renforcement militaire américain dans la région, incluant des porte-avions et des systèmes de défense antimissile.
Le 28 février 2026, les États-Unis, en coalition avec Israël, ont lancé une offensive majeure contre l'Iran, baptisée "Operation Epic Fury" par Washington et "Roaring Lion" par Jérusalem.
Cette opération, annoncée par le président Donald Trump via une vidéo sur Truth Social, cible des sites militaires, nucléaires et des infrastructures clés à Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah.
Trump a déclaré que l'objectif est de "détruire l'industrie des missiles iranienne, anéantir sa marine et éliminer les menaces imminentes du régime iranien", tout en appelant le peuple iranien à renverser le gouvernement pour un "changement de régime".
Ces frappes préventives interviennent après des négociations nucléaires échouées à Genève et des avertissements répétés de Trump.
L'Iran a riposté par des missiles balistiques sur Israël et des bases américaines au Moyen-Orient, incluant Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, causant des dizaines de morts selon des sources initiales.
Des explosions ont été rapportées dans plusieurs villes iraniennes, avec des bilans provisoires faisant état de plus de 200 morts du côté iranien.
Sur X (anciennement Twitter), des discussions soulignent le déploiement massif américain, avec des groupes de porte-avions et des systèmes THAAD, indiquant une posture de guerre totale.
Des confirmations de frappes sur des sites d'enrichissement comme Fordow remontent à 2025, mais l'ampleur actuelle est sans précédent.
Ces frappes soulèvent des questions sur la légitimité : les États-Unis invoquent la défense préventive contre une menace nucléaire, mais l'Iran dénonce une agression. Des experts de l'Atlantic Council estiment que Trump parie sur un effondrement du régime, un pari risqué qui pourrait élargir le conflit régional.
La communauté internationale réagit avec consternation : la France affirme n'avoir été ni prévenue ni impliquée, et un conseil de défense s'est tenu à l'Élysée.
L'Afrique du Sud et d'autres pays condamnent les actions comme des violations du droit international.
Éthiquement, l'appel au renversement du régime par Trump évoque des interventions passées comme en Irak (2003), avec des conséquences humanitaires potentielles massives. Géopolitiquement, cela pourrait perturber les marchés pétroliers, fermer l'espace aérien régional et impliquer des proxies iraniens comme le Hezbollah.
La notion de frappes préventives américaines sur l'Iran illustre les limites du droit international face à des perceptions de menaces sécuritaires. Les événements de 2026, succédant à ceux de 2025, marquent une escalade dramatique qui pourrait redessiner le Moyen-Orient. Alors que les frappes continuent, l'issue reste incertaine : un régime affaibli à Téhéran ou un conflit prolongé ?
Seul l'avenir le dira, mais l'urgence d'une diplomatie renouvelée s'impose pour éviter une catastrophe plus large.