Les « touristes » de la médiation conjugale

 |  par Patrick JEAN-PIERRE

On ne les croise jamais pour le plaisir, par envie ou par choix. Lors d’une séparation, il arrive  souvent que le tribunal vous renvoie vers une association pour une médiation conjugale.

C'est ce qui est arrivé à Marlène L. qui nous a contacté afin de témoigner. Comme notifié dans l’acte de jugement du tribunal de Fort-de France, cette mère de famille a fait appel à l’association pour la médiation familiale en Martinique (APMFAF). Pour faire respecter ses droits et ceux de ses enfants. Le père de ces derniers tentant en effet, de lui imposer sa propre lecture du jugement. 

Après un échange des plus agréables avec la secrétaire de l'APMFAF, elle a obtienu un rendez-vous dans la semaine avec une... intervenante. Marlène L. rassemble donc ses documents et se dirige, l'esprit apaisé à ce rendez-vous, qui s’apparente pour elles à un premier pas vers la reconnaissance et l’application de ses droits. Le temps orageux ne la décourage pas, bien au contraire. L’électricité de l’air la galvanise et elle arrive, bien déterminée à avancer et boucler ce dossier de parentalité. Son interlocutrice étant en retard, Marlène L préfère attendre dans son véhicule... L’accueil étant réellement froid à l’image de ce rez-de-chaussée complètement barricadé.

Mais plongée dans son livre, la jeune femme se rend compte que le temps passe, les minutes défilent, tout comme sa propre motivation. Une autre personne parvient enfin à joindre la médiatrice qui avait... "juste oublié le rendez-vous..."

Arrivée enfin sur les lieux, la médiatrice tenta de se justifier en accablant la secrétaire, visiblement contrariée. Ce ne serait pas la première fois.

Tout ceci manque, visiblement de rigueur et Marlène L se demande alors si elle désire toujours confier l’avenir de ses enfants aux mains de cette association?... De moins en moins.

L’entretien commence enfin... Enfin presque. Des lettres rouges interdisaient d’enregistrer la conversation... Enregistrer ? Pour faire quoi ? Pour crier l’incompétence de la médiatrice aux yeux de la Martinique ? Elle finit par s'exécuter. Une personne lui demande de placer son portable éteint dans un casier qui, elle le découvre à la fin de l'entretien, ne fermait pas à clés... Et puis Marlène s’interroge encore. Est-ce légal ?

Et pour couronner le tout, la médiatrice n’avait pas pris le temps de lire son dossier. "Votre présence serait-elle liée à un jugement, oui non ? Votre nom ?" Après une heure d’écoute passive, aucune prise de note, aucune perspective de rapport à destination du juge... Finalement, elle tente de la rassurer en affirmant qu'elle contactera le père de ses enfants. Elle n'a même pas ses coordonnées. Est-ce aussi pour la rassurer qu'elle rappelle surtout à cette mère de famille perdue, que rien n'oblige le père de ses enfants à se présenter devant l'APMFAF...C'est vrai, rien ne l'y oblige.

Aide toi, le ciel t’aidera. Mais apprends surtout à trouver d’autres personnes qui elles, t'apporteront du soutien pour faire reconnaitre tes droits : Femmes, Enfants, Hommes... Tout simplement.



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