Médaillée de bronze aux Championnats du monde, b-girl Syssy se tourne vers les JO de Paris 2024

 |  par Dorinne Besson

En décrochant la 3e place des Championnats du monde de Louvain, dimanche, b-girl Syssy, auteure d'une impressionnante montée en puissance cette année, a bousculé la hiérarchie internationale, prenant rendez-vous l'année prochaine aux JO de Paris 2024.

Elle n'a pas encore la médaille autour du cou que déjà, dans les coursives de la place belge Ladeuzeplein au pied de la majestueuse bibliothèque universitaire au style néo-renaissance, b-girl Syssy, rayonnante dimanche soir, partage son bonheur en visio avec sa maman, restée dans son fief, à Saint-Étienne. Quelques minutes plus tôt, la Française de 16 ans s'est offert le tout premier podium international tricolore sur un Championnat du monde officiel. « Cela montre que tous mes efforts ont payé et je vais continuer de travailler », assure la médaillée de bronze, 9e mondiale avant ce week-end belge, qui compte pour la qualification aux JO de Paris 2024.

Un podium prometteur pour la championne de France en titre, qui a connu sa première sélection internationale à 15 ans, en novembre 2022 (27e place aux Championnats d'Europe). Avant, elle était trop jeune pour le circuit WDSF (de la Fédération internationale). Depuis, Sya Dembélé a explosé. Déjà, à Almeria en Espagne, en remportant le bronze européen en mai, elle paraissait surprise d'elle-même.

Et puis, il y a eu deux Top 4 lors de Coupes du monde. À Louvain hier, celle qui parcourt les battles internationaux depuis ses neuf ans s'est installée solidement en tant que numéro un française. B-girl Carlota, l'autre bleue engagée ce week-end s'est arrêtée au Top 16. « Syssy casse les plafonds à chaque fois, apprécie b-boy Salim, un de ses coaches. On lui a dit : ''Le prochain plafond, c'est une médaille d'or olympique''. Sortir la Chinoise en quarts (b-girl 671, vice-championne du monde 2022), une grosse concurrente, prouve qu'elle a le niveau pour battre les meilleures mondiales. »

« Elle s'est trouvée, ça y est. On sent qu'elle a une maturité de malade alors qu'elle n'a que 16 ans »

B-boy Salim, entraîneur

B-girl 671 (son nom de scène) est un des phénomènes actuels du milieu : numéro 3 mondiale, couvée par une légende du break français, b-boy Mounir, vainqueur du Red Bull BC One en 2012. « Syssy monte en puissance malgré son très jeune âge et, sincèrement, je lui prédis beaucoup de bonnes choses dans l'avenir, assurait b-boy Mounir, entraîneur de l'équipe nationale chinoise, avant la compétition. Elle a cette fraîcheur, un talent naturel. Mais ça ne fait pas tout, il faut qu'elle soit bien entourée. » Un diamant à polir.

Sya Dembélé semble l'être, entre son crew stéphanois Melting Force, réputé pour son école technique, son atout numéro un, sa famille baignant dans la danse depuis toujours (son grand frère b-boy Damani est aussi membre de l'équipe de France et ses parents sont artistes professionnels, du groupe de danse africaine Doni Doni) et les entraîneurs de l'équipe de France, avec qui elle va passer plus de temps à l'Insep ces prochains mois.

« Elle a débloqué quelque chose, autant dans ses résultats que dans la compréhension de sa danse, dans son style, apprécie b-boy Salim, un des entraîneurs des Bleus. Elle s'est trouvée, ça y est. On sent qu'elle a une maturité de malade alors qu'elle n'a que 16 ans. C'est magique. »

Dimanche, elle a été battue lors d'une demi-finale serrée par la Lituanienne Nicka, future championne du monde, et a ensuite dominé pour la 3e place l'expérimentée ukrainienne Kate. Solide. Alors, forcément, les yeux sont tournés vers Paris, même si elle n'a pas encore décroché un des 16 billets (seulement) pour 2024, contrairement à b-boy Dany Dann, absent à Louvain mais vainqueur d'une Coupe du monde cette année.

« J'ai envie de prendre la médaille d'or à Paris. Chaque compétition, c'est une étape de plus dans ma progression pour être prête à 100 % aux Jeux, petit à petit »

« L'objectif de Paris, ça me booste, promet b-girl Syssy, assurée d'être présente aux tournois de qualifications olympique de mars 2024, où les 7 b-girls décrocheront leur place (une seule place est réservée au pays organisateur par genre, maximum deux b-girls peuvent se qualifier). J'ai envie de prendre la médaille d'or à Paris. Chaque compétition, c'est une étape de plus dans ma progression pour être prête à 100 % aux Jeux, petit à petit. En ce moment, je performe bien et je vais essayer de rester dans cette dynamique. »

Avant ça, la pépite bleue participera pour la première fois au prestigieux Red Bull BC One, Championnat du monde officieux du milieu, le 21 octobre à Roland-Garros, à Paris, où les invitations sont rares. L'an dernier, à New York, elle avait bluffé la communauté lors d'un battle parallèle de la grande finale mondiale, se construisant petit à petit une notoriété internationale. Une autre preuve que la jeune stéphanoise s'immisce tranquillement dans le paysage mondial du break.



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