C'est désormais la justice qui devra se pencher sur des pratiques jugées " contestables " par des salariés.
Longtemps régnait une forme d’omerta au sein de la SEMSAMAR, la Société d’Économie Mixte de Saint-Martin, acteur majeur du logement social et de l’aménagement urbain dans les Outre-mer. La rédaction de Patmedias a été la seule à en parler. Révélations qui ont d’ailleurs conduit la direction à engager des poursuites judiciaires à notre encontre, malgré notre invitation à lui donner la parole.
Mais depuis la fin 2025, des voix se sont élevées pour dire " STOP ".
Plusieurs témoignages de salariés ont brisé le silence. Licenciements, harcèlement managérial, convocations disciplinaires à répétition et un présumé conflit d’intérêts au sommet : l’affaire a désormais franchi les portes des Prud’hommes.
En 2025, la Semsamar a fêté ses 40 ans et obtenu le label anticorruption ISO 37001. Un bel âge et une belle récompense. Pourtant, derrière les communiqués positifs sur la satisfaction locataire (autour de 61-62 % en 2024-2025) et les nouveaux chantiers, le climat interne s’est fortement dégradé.
Dès la fin 2025, plusieurs sources internes décrivent un management qualifié de « toxique ». Des salariés auraient reçu des lettres de convocation à un entretien préalable à sanction, pouvant aller jusqu’au licenciement. Des mises à pied ont suivi des enquêtes internes jugées « à charge ». Pour de nombreux employés, ces procédures sont perçues comme des outils de pression visant à obtenir des démissions ou à faire accepter des conditions de travail dégradées.
Le 9 avril 2026, nous révèlons le témoignage d’une salariée licenciée en 2025. Elle dénonce publiquement des faits répétés de harcèlement managérial et un conflit d’intérêts présumé entre deux responsables de l’établissement, qui entretiendraient, selon elle et la rumeur interne, une relation personnelle. Ce témoignage marque un tournant : « J’ai brisé le silence uniquement parce que j’avais trop peur de ce qui allait arriver si je continuais à me taire », confie-t-elle.
Selon nos informations, au moins une collaboratrice a saisi le conseil de Prud’hommes dès 2025. Une autre requête a été déposée tout récemment. D’autres salariés pourraient suivre, alors que le Code du travail renforce la présomption de harcèlement moral en cas d’indices concordants. Le contexte légal est favorable aux victimes : santé mentale au travail déclarée grande cause nationale et protection accrue des salariés.
Toujours selon les informations recueillies par la rédaction de Patmedias, des courriers ont déjà été envoyés aux ministères du Travail et des Outre-mer. Sébastien Lecornu a été informé. Le Premier Ministre, ami d'Emmanuel Macron qui avait fortement critiqué les pratiques douteuses de gestion de l'institution, connait lui aussi la Semsamar. D'ailleurs, c'est à ce titre que le Directeur de Cabinet du Premier Ministre a transmis ces faits dénoncés au Préfets Délégué de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Les prochains mois diront si ces langues déliées vont faire bouger les lignes… ou si le silence reprendra ses droits.
AFFAIRE A SUIVRE